En France, les médecins libéraux entament ce lundi 5 janvier une grève de dix jours pour dénoncer plusieurs mesures du budget de la Sécurité sociale récemment promulgué, qu’ils jugent menaçantes pour leur liberté d’exercice. L’ensemble des syndicats appelle à fermer les cabinets jusqu’au 15 janvier.
Les praticiens contestent notamment la possibilité d’amendes en cas de non‑alimentation du dossier médical partagé, la possibilité pour les autorités de modifier unilatéralement certains tarifs, la limitation des arrêts maladie prescrits, ainsi qu’un texte parlementaire susceptible de restreindre leur liberté d’installation.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a tenté d’apaiser les tensions dans une lettre adressée le 31 décembre, affirmant que la sanction liée au DMP n’était plus envisagée.
Le mouvement pourrait être très suivi : plus de 14 000 médecins se sont déjà déclarés grévistes sur une plateforme dédiée, un chiffre non comptabilisé officiellement puisque les libéraux sont indépendants. Les généralistes, anesthésistes‑réanimateurs et gynécologues‑obstétriciens figurent parmi les spécialités les plus mobilisées.
La grève peut prendre plusieurs formes : fermeture totale, réduction des consultations d’urgence ou actions administratives, comme le refus d’envoyer les feuilles de soins.
De son côté, la ministre assure avoir organisé la continuité des soins avec les ARS et les établissements, et n’exclut pas des réquisitions si nécessaire, tout en affirmant vouloir garantir à la fois la sécurité des patients et le droit de grève des professionnels.
Sophie de Duiéry
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